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CHRONIQUES DE VOYAGE...
 
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Chronique de voyage n° 026 - Sao Paolo (Brésil),      le mercredi 17 avril
Chronique de voyage n° 027 - Rio de Janeiro (Brésil), le   samedi 20 avril
Chronique de voyage n° 028 - Rio de Janeiro (Brésil), le mercredi 24 avril
Chronique de voyage n° 029 - Rio de Janeiro (Brésil),   le samedi 27 avril
Chronique de voyage n° 030 - Belem (Brésil),                 le jeudi 2 mai
Chronique de voyage n° 031 - Belem (Brésil),               le samedi 4 mai

Chronique n° 032-1 Montréal (Québec), le lundi 13 mai (part.1/3 - Belem)

Chronique de voyage n° 026 - Sao Paolo (Brésil), le mercredi 17 avril

Samedi 13 (suite)

J'ai oublié de dire que ce jour, les flics de Montevideo (Uruguay) avaient le casque sur la tête : c'était sûrement pour les protéger du froid !

 3/4 d'heure de bus pour aller à l'aéroport. Ca n'en finit pas, la ville étant sans limite. Centre, puis quartiers populaires, puis secteur résidentiel avec piscines privées et pins maritimes, puis bidonvilles, puis forêt d'eucalyptus aménagée avec des arbres centenaires. Le bus est bondé (les conditions de sécurité ne sont sûrement pas respectées) et comme je suis le seul à descendre à l'aéroport avec mes quatre bagages, il me faut du temps pour m'extraire de la foule. Du coup, le bus repart et je suis obligé de provoquer un nouvel arrêt, mais je suis déjà à 400 mètres et la mule tire les kilos !

 Le long du trajet, aux carrefours, des vendeurs de tout, des jongleurs (certains ont 6 ou 7 ans et sont aussi expérimentés que des professionnels dans les numéros de cirque). Il est vrai que dans les bars, les restaurants, les bus, partout des mômes proposent des objets, y compris des images pieuses.

 Je remarque aussi en passant Géant Casino, Monsieur Bricolage, et j'ai même vu que le Crédit Agricole sponsorise l'INJU, l'Injep de l'Uruguay. Il faudra en parler à Paris. J'achète de l'eau à l'aéroport et je m'aperçois (O rage, ô désespoir, ô Amérique ennemie) que cette source appartient à Coca-Cola ! Je dois dire enfin que l'industrie du cuir de ce pays produit des objets superbes : sacs, valises, vêtements de peau, pour des prix sans concurrence. 

Voyage agréable mais, à l'arrivée au Brésil, succession de problèmes. D'abord les bagages des passagers s'arrêtant à Sao Paolo ont erré pendant 45 minutes dans l'aéroport. Puis j'arrive au centre ville en bus et, heureusement que j'avais changé un peu d'argent à Montevideo, parce qu'ici, à 10 heures du soir, tout est fermé dans l'aéroport. Un taxi m'amène du centre ville à l'hôtel. Là, le garçon de garde ce week-end, un peu hébété, exige de moi le paiement en liquide (alors que la devanture de l'hôtel précise que l'on peut payer avec des cartes) de toute la semaine, et tout de suite. Je dois avoir une gueule de truand. Je suis obligé de partir dans la ville, à l'aventure, pour trouver à plus de 11 heures du soir un guichet. Des personnes dans le hall me précisent de faire très attention à ne pas me faire attaquer ! Sympa, mais personne ne propose de m'accompagner. Je pars et erre pendant 3/4 d'heure, de faux renseignements en indications erronées sur un guichet ouvert. Je vais voir des flics embusqués dans un coin noir, car il faut préciser que le secteur, sous une autoroute urbaine (et donc avec une route dessous), est un lieu pas très éclairé où j'aperçois beaucoup de SDF couchés sur des cartons sur le terre-plein entre les 2 voies d'en bas. Ils ont l'astuce de me dire d'aller au Bingo Metropolis, qui est un casino de machines à sous (les bandits manchots) ouvert 24h/24. Mais le guichet refuse ma carte Visa, et heureusement, accepte l'American Express. Sauvé ! Je ne vais pas rejoindre les SDF ! J'ai la clef, je monte, je demande une facture et je m'aperçois que le garçon s'est trompé ; je redescends et je fais corriger. Résultat, je me couche à 2 heures du matin, après un bain de sueur car il faisait 22° ce soir (contre 16 à Montevideo dans la journée). La chambre est correcte, avec un ventilo.

 Dimanche 14. Sao Paolo.

Temps chaud et humide dans la plus grande métropole d'Amérique Latine ; plus de 13 millions d'habitants. Je pars en métro (brésilien et impeccable) vers un des centres, avenue Paulista, pour chercher un cybercafé. En vain, malgré le renseignement, faux, du Point Info. touristique. Je trouve à l'hôtel Mercure, pour 45F la 1/2 heure ! Je suis obligé d'en passer par là… pour m'apercevoir que ce jour là, je n'ai pas de message… Je cherche ensuite un guichet pour prendre de l'argent avec American Express sur cette avenue qui fait 3 ou 4 kms, remplie de sièges de banques ou de compagnies d'assurances (plus des hôtels, des ensembles de galeries marchandes, des musées et centres culturels). Impossible, ma carte est rejetée partout. Il a fallu que je revienne au Bingo.

 Des SDF, il y en a aussi sur cette avenue, des pauvres hébétés (en sortant de l'hôtel, l'un était étendu dans la rue, agité par des convulsions : drogue, alcool, les deux, épilepsie ?) J'ai vu des gens avec des maladies diverses, des pieds méconnaissables et lorsqu'on s'écarte de la voie principale, on tombe très vite dans des profondeurs (il faut dire que cette ville, à moins de 800 mètres d'altitude, est faite de collines) où le bidonville n'est pas loin.

Sur Paulista, il y a aussi beaucoup de marginaux qui fabriquent et vendent des bijoux, des peintres, des producteurs et commerçants ambulants d'artisanat.

 J'ai beaucoup de mal à me faire comprendre : personne ne parle espagnol ou français. Je me sens très isolé. Dans le métro, je trouve que les personnes ont un air triste et fatigué avec des cernes sous les yeux. C'est un effet de cette ville industrieuse, dit-on, et au climat épuisant. Une de mes interlocutrices à l'Université me dira plus tard que c'est aussi le résultat de la "guerre civile" qui sévit ici entre les pauvres et ceux qui ont quelque chose, provoquant beaucoup de stress, de tension et d'insécurité.

Je me repose en regardant un match de volley entre équipes brésiliennes. Séduisant !

 Retour de Chavès à Caracas qui ressort de sa boîte comme un diable ! On dit ici que les pays d'Amérique Latine ont fait une pression formidable pour le retour de la légalité et que les USA n'ont pu faire autrement que de lâcher le nouveau président, assigné à résidence depuis deux jours. Il y a eu cependant des manifs musclés des partisans de Chavès qui auraient fait 23 morts. Au Brésil, un jeune supporter de foot a été lynché par les supporters d'un club adverse.

 Lundi 15 avril.

En explorant le secteur de l'Université, où je vais demain, je découvre 2 banques qui acceptent Américan Express et 2 cybercafés ouverts à 12F de l'heure. C'est un quartier résidentiel sur des hauteurs, avec de belles maisons d'un étage encadrées par des immeubles de 10 à 20 étages. Je retrouve ici les vigiles, les grilles, les lignes à haute tension, les lumières qui éclairent le passage la nuit, comme à Caracas.

 Je m'assieds à l'ombre sur un banc, à l'entrée de l'Université. Les étudiantes sont presque toutes sur le même modèle : T-shirt, pantalon taille basse découvrant le nombril, cheveux longs. Je pars dans un super-marché. Les prix sont du même type qu'en Uruguay, mais le vin français occitan ou le Médoc sont à des prix abusifs : le premier à 100 francs, le second à 300 francs. Il y a beaucoup de taxes. Je mange à midi pour 45 F, mais on peut trouver pour 20 à 25 F. J'ai mangé une salade de tomates, une omelette jambon et fromage, une bière, du pain, et il faut compter le service.

 Il fait lourd et chaud, 30° après le coucher du soleil.

 Mimi m'a appelé ce matin. C'est super. Ca me donne du courage. Je repars cet après-midi vers le Mercure, puis je descends la rue Augusta, rue commerçante qui va de Paulista à la Place de la République, vrai centre de la ville. Dimanche, 5 heures de marche, aujourd'hui 2 heures suffiront. Cette rue se dégrade, beaucoup de personnes qui récupèrent, 2 SDF encore couchés sur la route, et ma "première femme" siliconée jusqu'aux yeux, et bien sûr, avec ses 2 gros "nibards" exhibés… et du poil aux pattes ! Il faut voir le regard des hommes et des conducteurs. Pauvres hommes que nous sommes !

 Je me promène dans le secteur piétonnier, autour de l'avenue San Luis. Des habits à vendre partout au milieu des rues. Une façade pleine de dazibao avec des offres d'emploi, d'achat, de vente, des pubs diverses. Je repère aussi des centaines de personnes faisant la queue devant un guichet pour obtenir des tickets de métro pour chômeurs.

 Retour à la chambre, 18 h. Une sorte de journaliste-prêcheur commente des images dites "Alerte sur la ville" : reportage sur la police patrouillant contre la drogue avec des journalistes en hélicoptère qui suivent des flics, images sur des arrestations et des attaques de familles victimes de voleurs les ayant séquestré et torturé, reportage sur une foule à Rio qui envahit les restes d'un dépôt de nourriture avec des gens rampant sous les décombres pour récupérer de la nourriture. Et le prédicateur interpelle les autorités avec menaces de création de groupes d'auto-défense. Autre chaîne, en même temps, qui diffuse une émission de même type, "Brésil urgence". Une troisième propose des reportages fiction sur des faits réels intitulés "Sexe et violence". Il s'agit de l'histoire d'un homme qui trouve sa femme au lit avec une autre diablesse ! Que va-t-il se passer ? Suspense, et l'animateur l'entretient en demandant au public ce qui va advenir. Quelques images de plus et apparaît un revolver dans la main du mari. Publicité et re-quelques images avec le revolver qui change de main. Suspense, l'animateur interroge le public et ainsi de suite pendant une 1/2 heure… Ailleurs, un jeu consistant à deviner les mensurations d'une femme ou la couleur du bikini de 4 autres. J'ai le choix aussi entre 2 télé-novelas larmoyantes, du foot ou des chaînes catho. ! Je comprends que les brésiliens soient déprimés ! Qu'ils aillent plutôt voir à la fin du mois les 2 concerts de Creedance Clearwater Revival ! Ils ont la pêche, ces vieux, toujours présents.

 En Colombie, attentat manqué contre le candidat libéral Toledo. Au Brésil, pour le premier tour aux élections présidentielles d'octobre, un sondage annonce la forte progression du candidat du Parti des Travailleurs, Lula, à 35%, et victoire au second tour. Le gouvernement brésilien vaccine gratuitement les plus de 60 ans contre la grippe, je devrais y aller. 

Mardi 16.

Attaque par la police civile et militaire d'un quartier d'une favela de Rio pour encercler des trafiquants de drogue qui avaient pris des otages.

 Je vais ce matin à l'Université catholique pour rencontrer d'abord la personne qui m'a accueilli, très chère à mon pote Denis Barbe. Elle est à la retraite mais a repris du service à la municipalité de Sao Paolo, dans le secteur des Sans-domicile-fixe et de l'habitat social. Puis je rencontre pendant 2 heures l'équipe de recherche qui travaille sur les mouvements sociaux en lien avec R. Castel, J. Paugam, Sciences Po. Paris et une équipe de Grenoble.

 Puis repas brésilien dans une ancienne maison coloniale retapée. Retour à l'Université où je rencontre une jeune femme professeur à l'Université de Rosario, en Argentine. Et enfin, une membre de l'équipe qui parle français m'emmène rencontrer le directeur d'une très importante association, située avenue Paulista. Il s'agit de la SESC , organisation de type socioculturel financée par une taxe dans le secteur du commerce. Immeuble siège majestueux, dont le centre est à Rio. Ils ont des activités culturelles, sportives, de tourisme social, de santé, d'environnement, sur l'enfance et le troisième âge, etc. dans une perspective éducative, culturelle et participative. Il y a une référence directe à Joffre Dumazedier.

 Ce jour, 35°, chaud et lourd, avec un nuage de pollution qui couvre la ville.

 Mercredi 17.

Ce matin, on annonce une chaleur plus forte que la veille, et on ne parle que du match de foot Brésil - Portugal. Un sondage pour la coupe du monde annonce comme pronostic, en premier la France, puis le Brésil, puis l'Argentine, puis la Colombie, puis le Portugal. Cocorico.

 

 

 

 

 

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