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LES CHRONIQUES DE VOYAGE II... 

 

(NDW : suite de la chronique n°41)

L'arrivée en Belgique se remarque  à l'apparition moins fournie des canaux (réservés à la navigation fluviale), des pistes cyclables et à la présence plus abondante des bosquets, forêts et haies. Nous passons devant la fameuse usine Renault de Vilvoorde (rappelle-toi, Jospin, ta déclaration d'impuissance lors des licenciements dans cette entreprise encore sous influence importante du détenteur de capitaux qu'est l'Etat français).

Bruxelles ( 950 000 habitants environ) : cette ville s'est beaucoup transformée depuis que nous sommes venus il y a  moins de 10 ans. Nombre de maisons et bâtiments ont été rénovés ou le sont en ce moment. Je suis dans un hôtel entre la gare centrale et la Grand Place, dans un secteur truffé de bars et de restaurants  où beaucoup de cuisines des suds se côtoient (Asie, Afrique, Grèce, Italie avec des grappes de pizzerias qui jouxtent les unes aux autres, Espagne, Portugal). Je pars à pied au Ministère de la communauté française de Belgique, car j'ai un rendez-vous avec un des responsables de "Culture et citoyenneté", appellation qui a joué un rôle important dans la construction d'un réseau entre professionnels de la culture, animateurs, universitaires, associations, citoyens de quartiers, etc. Nous échangeons pendant une heure et demie.

Je repars à pied en passant devant un immense temple dédié au dieu argent, fait de verre, de pierre et de métal, long, haut et profond, banque immense à la modernité triomphante et, mon Dieu, pas si moche. Puis, cheminant, je découvre des maisons hanséatiques, des églises (notamment celle de Saint-Nicolas, étonnant mélange de style gothique et de restes d'une église plusieurs fois détruite), puis la Bourse avec ses statues en pierre représentants des femmes bien en chair et la poitrine arrondie et suave (du temps où la bourse était en formes !), les rues du Marché aux Fromages, aux Herbes, aux Poulets, etc., jusqu'à la Grand Place, cadrée par l'Hôtel de Ville, le Musée de la Brasserie et le Musée de la Ville (je vous épargne le Manneken-Pis).


NDW : pas moi ! 

Repos vers 18h30 : j'ai marché plus de 2 heures, je reprends l'entraînement (surtout que les frites et la bière blanche sont succulentes !).

Je repars vers 20h30. Grand défilé dans la ville, en costume d'époque, dit "ommegang" et qui remonte au 13è siècle. C'est un hommage à la Vierge et au souverain de l'époque, rendu par les descendants de ceux qui défilaient en ce temps là devant leur prince. Ce défilé fait le tour d'une partie du centre et se dirige vers la Grand Place où des gradins décorés de bannières et blasons attendent les spectateurs et les autorités. Toutes les corporations, confréries, notables, bourgeois, groupements de quartier, aristocrates, vassaux, marchent au son des fifres et des tambours, des trompettes et des fanfares. Mais aussi moines, arbalétriers, lansquenets, cavaliers avec drapeaux, archers, mousquetaires, gendarmes, mendiants, géants (influence espagnole), gentes dames et beaux messieurs, gens de peu et commères, gueux et gueuses, échassiers. Le tout dure deux heures entrecoupées de danses, de chants et de parades sur cette place déjà chargée d'histoire (reconstruite en fin 17ème) et rendue vivante par le mouvement des acteurs. Il se met à pleuvoir à la fin. Dieu protège les manifestants, comme à Cuba : il n'y a pas que Castro qui influence les caprices du ciel. Après tout, c'est peut-être moi !

Mercredi 3 juillet

Aujourd'hui, beaucoup de pluie. Je suis obligé de prendre le métro, après m'être occupé de mon voyage à Gand par le train de demain. A 11h, j'ai rendez-vous avec Michel Lhost, directeur du forum bruxellois de lutte contre la pauvreté qui regroupe plus de 150 associations. Nous nous sommes rencontrés, il y a quelques années, à un colloque de Banlieues d'Europe à Strasbourg ; nous discutons dans son bureau, puis dans une taverne, aussi bien du colloque que de l'Amérique du Sud, car son amie est colombienne et il connaît Cuba.

A 14h, il me dépose au Centre Culturel Botanique où je discute avec le directeur de l'association des centres culturels de la communauté française (un peu moins de 80 structures). Ces centres ont encore réussi à ne pas accepter la scission culturel / socioculturel, même si des pressions fortes (notamment avec la décentralisation) sont mises en œuvre pour modifier les objectifs historiques et l'équilibre actuel.

Puis à 16h, mon correspondant me dépose à l'Ambassade de France où je rencontre l'attachée scientifique du service de coopération et d'action culturelle. J'en sors à 17h et rentre à pied vers l'hôtel où je fais ma chronique. La pluie menace à nouveau.

J'en profite pour vous livrer une pensée d'Alfred Sauvy dans les années 60 qui, comme à son habitude, décoiffe par son impertinence : "La Wallonie, ce sont de vieilles gens dans de vieilles maisons remuant de vieilles idées" !" Me sentant proche de mes interlocuteurs wallons, ou cela est faux, car je trouve à ce pays bien des idées innovantes, ou c'est vrai et je suis un vieux wallon qui s'ignore.

Ce soir, après le restaurant, nouvelle manifestation dans les rues de Bruxelles à 23h pour l'American Movie Parade, promotion du film américain avec Wilkinson, dans un cinéma du centre (avec 12 films en V.O. en avant-première). Pendant une heure, défilent des échassiers (encore !), des cracheurs de feu et beaucoup de gens déguisés à la Jean-Paul Gauthier, style Jeux Olympiques de Grenoble ou anniversaire de 1789 à Paris), avec des costumes métallisés et des ampoules scintillant tout autour de leur corps. Je pars avant 23h45 (il se met à pleuvoir à flots et le feu d'artifice éclate avant la fin, avant le désastre). La culture américaine va-t-elle réussir à réconcilier contre elle les wallons et les flamands ?

Jeudi 4 juillet

Je pars pour Gand en zone flamande par le train. Je dois rencontrer Willie Faché, professeur émérite de la faculté de psychologie et de pédagogie et… ancien animateur de maison de jeunes, puis de centre culturel. De la gare de Gand, je pars vers le centre, puis vers la faculté, à pied, pendant une heure et demie.

Nous discutons longuement du colloque, de ses travaux et recherches, dans son bureau puis au restaurant des invités de l'Université, dans une ancienne abbaye restaurée.

Plus tard, je me promène dans le centre ville : cathédrale, église Saint-Nicolas, beffroi, hôtel de ville, marché aux bouchers, château, théâtre, ponts et quais aménagés dans une architecture entre 12 et 17ème siècles, autour de plusieurs rivières qui serpentent dans la ville. Elle fut riche, car lieu de douane pour le passage du grain et du coton notamment. Ce port important (à 60Kms de la mer), est devenu une ville touristique, mais avec moins de vestiges encore que Bruges, qui était plus pauvre. D'où l'entretien et la rénovation des bâtiments encore existants.

Je rentre à pied vers la gare, et retour à Bruxelles.

Vendredi 5 juillet

Avion pour Clermont-Ferrand puis Bordeaux. Sans problème, à part les retards. Prochaine chronique sur le colloque en Août avec constitution du conseil scientifique, puis compte-rendu du voyage en Italie et appel officiel à communication en Septembre.

Remerciements pour leurs messages à Cleisa au Brésil, à Americo Nunes Peres au Portugal, aux collègues de Cultura y Desarrollo à Cuba, à Michele Marmo en Italie, à Daniel Surprenant, à Liliana Marino, à Jean-Pierre Descamps, à Maurizio Morales en Colombie, à Augusto Garrido Huergo en Argentine, Marcela Rodriguez à Montevideo,Zulema Carrega à Buenos Aires.

1ère pensée du jour :

"La pensée n'est qu'un éclair au milieu d'une longue nuit. Mais c'est cet éclair qui est tout."

Raymond Poincaré.

Seconde pensée du jour :

"Il y a deux sortes de peur : l'une qui paralyse, l'autre qui instruit, l'une qui égare, l'autre qui dégrise, l'une qui infantilise, l'autre qui fait mûrir".

Pascal Bruckner.

 

 

 

 

 

 

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vers la suite de la Chronique n° 043, mercredi 11 septembre (Italie)

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