BEJAR-PLASENCIA - octobre 2008

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Conférence de clôture
"Perspectives professionnelles de l'animation : un regard international”

Colloque de Béjar-Plasencia de la RIA - octobre 2008

Avant toute chose je voudrais rendre hommage au Prof. Doutor Xan Bouzada, Professeur à l’Université de Vigo, sociologue galicien de renom sur les questions culturelles, qui nous a quittés il y a quelques mois et qui fut le premier enseignant chercheur à m’inviter en Espagne pour intervenir lors d’un colloque à Saint-Jacques de Compostelle en 1996. Il était membre du comité scientifique du 1° congrès international sur « L’animation socioculturelle et les défis du 21° siècle » qui s’est tenu en avril 2008 à Ponte de Lima. Il était intervenu aussi lors d’un colloque à Bordeaux il y a une quinzaine d’années et nous nous souviendrons de son intelligence sensible et de sa grande culture sans arrogance.

Je tiens à remercier une deuxième fois les organisateurs du colloque ibéro-américain d’animation socioculturelle d’avoir bien voulu m’inviter à réaliser la conclusion de cette initiative à Béjar et Plasencia.

Je rappelle pour ceux qui étaient présents au premier congrès que mon intervention il y a deux ans à Salamanque portait plutôt sur un état de l’animation en Europe, même si j’abordais par ailleurs la situation dans d’autres pays et d’autres continents. J’évoquais notamment certains enjeux pour l’avenir sur lesquels je souhaite revenir.

Le premier concernait le développement des réseaux autour de l’animation. Je disais alors : « Il me semble souhaitable de réaliser cet objectif de réseaux multiples dans une perspective d’organisation plus informelle que formelle, plus souple que rigide, en construction plutôt que déjà construite, plus en réseau qu’en faisceau ». Nous allons tenter d’évaluer nos progressions en correspondance avec la demande qui m’a été faite de réaliser une communication portant  sur un regard international : soyons modeste. Je ne suis pas sûr de maîtriser la connaissance de l’ensemble des activités d’animation de par le vaste monde. Je rappellerai cependant les initiatives qui ont été prises depuis le premier congrès.

Le deuxième enjeu concerne la question des échanges autour des problèmes de formation, de professionnalisation, de recherche à l’échelle continentale ou intercontinentale. Je nous posais collectivement cette question : « Comment répondre à cet intérêt légitime dans une perspective d’ouverture au monde tout à fait souhaitable ? ». Et à cet égard je ne suis pas forcément rassuré par l’évolution de l’Europe concernant la reconnaissance des métiers du futur : nous essaierons de montrer dans une deuxième partie qu’il n’est pas évident à ce jour que l’animation socioculturelle y gagne en vigueur et en clarté.

Le troisième enjeu identifié à Salamanque concernait, disais-je, « l’analyse de l’évolution des sociétés dans leurs rapports avec l’émergence de nouvelles professions dans les champs culturels, sociaux, éducatifs, sportifs, patrimoniaux, touristiques, etc. ». Qu’en est-il désormais ? Du fait de la crise mondiale n’existe-t-il pas une tendance forte dans les institutions à privilégier la fonction d’aide et de réparation au détriment de la dimension promotionnelle qui fut constitutive des fondements de l’animation socioculturelle ? Ce questionnement structurera ma troisième et dernière partie.

1) L’état des lieux de l’animation dans le monde en 2008.

Il n’est pas niable que le travail des chercheurs sur l’animation, les publications des communicants des différents réseaux existants sur l’animation et les rencontres de tous, chercheurs, enseignants, animateurs, bénévoles et militants, ont marqué la période passée depuis le congrès de Salamanque.

C’est le cas par exemple pour la RIA de l’ouvrage intitulé  Ambitos Iberoamericanos de Animación Sociocultural. Experiencias, trayectorias y desafíos , sous la coordination de Victor Ventosa, paru il y a quelques mois dans l’Editorial CCS. Cet ouvrage de la collection RIA fait suite à celui de notre collègue argentin Pablo Waichman, Tiempo libre y recreación. Un desafío pedagógico, publié lui aussi en 2008. Il fait écho à l’ouvrage publié en 2004 sous ma direction L'animation professionnelle et volontaire dans 20 pays[1]. Deux collègues anthropologues (Chantal Crenn et Laurence Kotobi) et moi-même avons dirigé un autre ouvrage intitulé Les animateurs professionnels face à la différence ethnique, paru en 2007 toujours dans la collection que je dirige, Animation et territoires, chez l’Harmattan (Paris).

De nouveau en 2007, mais en Espagne, paraît La animación cibercultural de Mario Viché González, aux éditions Libros Certeza de Zaragoza. Enfin en 2008, à l’occasion d’un colloque réalisé en mars à Bordeaux pour le 40° anniversaire de mon institution, l’IUT Michel de Montaigne, je dirige sur le plan scientifique un DVD, réalisé par un collègue cinéaste, DVD intitulé 40 ans d’animation professionnelle[2].

De l’autre côté de l’Atlantique, comment ne pas citer l’ouvrage  L’animation culturelle de notre collègue Victor Andrade de Melo, professeur à l’Université fédérale de Rio, et Lazer e cultura, coordonné par Nelson Carvalho Marcellino, sociologue à l’Universidade Metodista de Piaricaba-UNIMEP, publié en 2007 au Brésil par Alínea Editora.

Du point de vue des rencontres, congrès, séminaires et colloques, signalons la tenue en avril 2007, à Ponte de Lima au Portugal, du Congrès international d’animation, arts et thérapies, organisé par Intervenção - Associação para a Promoção e Divulgação Cultural, el Grupo de Teatro Unhas do Diabo y la  Escola Superior de Teatro da Galiza avec une publication des actes. Le même mois se tient à Bordeaux un colloque organisé par  la MiRCTA (Mission de Recherche sur la Culture et les Territoires en Aquitaine) et les CEMEA Aquitaine, en partenariat avec l’Association Française de Sociologie, l’Observatoire National de l’Animation et du Sport (ONMAS), l’UMR 5185 ADES-CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) : c’est mon colloque géographe, Yves Raibaud, ici présent, qui en est un des animateurs scientifiques, avec un autre collègue sociologue, présent à Salamanque en 2006, Eric Gallibour. Le thème porte sur « Les transitions professionnelles dans le monde associatif ».

En novembre 2007 se tient la 19° Rencontre nationale de récréation et de loisir, organisée à Recife au Brésil par ENAREL, avec aussi des actes publiés sous le titre Récréation, sport et loisir. Espace, temps et attitude, dirigés par Katharine Ninive Pinto Silva et Jamerson Antonio de Almeida de Silva faisant suite à ceux de la 18° rencontre qui eut lieu à Curitiba en novembre 2006, ces derniers dirigés par João Eloir Carvalho dans un ouvrage paru aux éditions Champagnat, Lazer no espaço urbano : transversalidade e novas technologias. Du 12 au 15 novembre 2008 va se tenir à Sao Paolo la 20° rencontre d'ENAREL, sur le thème des « Gestionnaires publics des loisirs ».

Nous n’oublions pas non plus les actes du colloque du Réseau International de l’Animation (Réseau animé par votre serviteur) qui s’est tenu les 26, 27 et 28 septembre 2007 à Lucerne en Suisse. Le point de départ de sa thématique introduisait l’idée que des modifications globales inondent le quotidien et que rien ne semble les arrêter. La question directe qui en découle fut la suivante : « Existe-t-il au niveau local des possibilités d’organiser activement ces développements, de manière constructive? ». Le 3ème colloque international « Animation socioculturelle : enjeux locaux et globaux» s’est donc centré sur cette problématique, soulevant ainsi quelques questions brûlantes. L'approche ascendante (de bas en haut) et participative de l’animation socioculturelle constitue-t-elle une réponse possible au défi lancé par les processus de modification globaux et locaux ? Les relations sociales et les réseaux de communication tracent-ils un chemin hors de la perte croissante d'identité et de la division de notre société globale ? La cohésion sociale à petite échelle est-elle la condition au développement durable à grande échelle ? Comment se présente le développement en Europe et de quelles expériences internationales pouvons-nous tirer des leçons ? La solution nous conduit-elle au monde virtuel ? Ou la discussion sur la participation et l'interconnexion n'est-elle qu'une nouvelle illusion ou l'expression du désarroi face au débat sur la globalisation ?

Ce 3ème colloque international s'est inscrit dans la lignée des colloques précédents de Bordeaux (2003) et de São Paulo (2005) et a donc abordé des questions critiques dans le contexte des développements globaux et locaux, et pas seulement d’un point de vue théorique. Des projets concrets ont illustré les défis à relever dans les régions urbaines, de même que des exemples ruraux. Des comparaisons internationales ont ouvert la voie à des échanges réciproques et à des débats passionnants. Elles ont été rendues possibles par le fait que tous les continents étaient représentés : l’Océanie par l’Australie ; l’Asie par la Turquie (mais cela peut se discuter, étant donné la question non résolue de l'entrée de la Turquie dans la Communauté européenne), l’Iran, le Vietnam, les Philippines, le Liban, l’Inde, le Népal, le Bengladesh, la Thaïlande ; l’Afrique par le Ghana, le Cameroun, la Tanzanie, le Tchad, le Burkina Faso, le Sénégal, le Nigéria, l’Afrique du Sud ; les Amériques par le Canada, le Brésil, les Etats-Unis, l’Equateur ; l’Europe par la Suisse, l’Angleterre, la France, le Portugal, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Finlande, l’Espagne, l’Autriche, l’Estonie, la Pologne, la Belgique, l’Ukraine, le Luxembourg.  La question du rôle et de l’importance de l’animation socioculturelle, c’est à dire d’un concept qui est orienté par des valeurs telles que la justice et l’intégration sociales, furent au centre du débat, auquel Victor Ventosa participa, représentant ainsi la Red Ibéroamericana de Animación Sociocultural. Les actes publiés en 2008 sous la direction de Mariana Christen Jacob et Judith Reichmuth, membres de l’Université de Lucerne des Arts et Sciences appliquées-Travail social, montrent bien les différences, me semble-t-il, entre un développement communautaire avec une approche anglo-saxone de type plutôt intégratrice et une animation socioculturelle qui se prétend plus transformatrice de la réalité sociale et culturelle.

Le quatrième colloque aura lieu comme prévu à Montréal les 27, 28, 29 et 30 octobre 2009. En voici les thématiques : les pratiques novatrices d’animation multiplient les ponts entre les acteurs des sphères sociale, éducative, économique et politique. Elles contribuent au développement simultané des personnes, des organisations et de la société en augmentant leur capital cognitif, en renforçant le pouvoir d’agir et l’expressivité et en stimulant le potentiel créatif. L’essor de la créativité individuelle et collective est un moyen privilégié d’accentuer et d’élargir l’exercice de la pleine citoyenneté. Cet essor dynamise notamment l’exercice du leadership dans les milieux les plus diversifiés et favorise la mise en œuvre de programmes de développement global et durable des communautés urbaines et rurales tant dans les pays du Nord que du Sud.

La créativité en animation s’insère au cœur des enjeux organisationnels, communautaires et citoyens. Ces trois séries d’enjeux feront chacune l’objet d’une journée thématique du colloque. La première journée sera consacrée aux enjeux de la créativité dans le domaine organisationnel. Dans les milieux institutionnels, associatifs, du travail, des affaires, du loisir et de la culture, quelles sont les conditions gagnantes pour implanter une culture organisationnelle créative? Quels principes ou valeurs doivent guider ces changements et à quel prix ce changement peut-il se faire? Quels sont les problématiques et les enjeux liés à ces changements? Peut-on en qualifier et en quantifier les résultats et mesurer l’accroissement de la performance qui en résulte? La créativité peut-elle contribuer à la réalisation d’organisations apprenantes? Peut-elle faciliter la mise sur pied de partenariats fructueux, innovateurs et rentables? Quels sont les indicateurs pouvant démontrer que la créativité est une qualité de base de l’entreprenariat, en affaires autant que dans le secteur des services publics ou privés?

 La seconde journée est centrée sur les enjeux communautaires de l’animation en contexte de pluralisme culturel, qui caractérise les grandes villes contemporaines comme Montréal. Ce volet met en tension le renforcement des identités et du lien social et appelle, de la part des animateurs, des interventions orientées autant vers la démocratisation que la démocratie culturelles. Comment à la fois soutenir les cultures populaires et les métissages culturels urbains de telle manière que les communautés concernées puissent s’affirmer culturellement tout en s’intégrant socialement? Par ailleurs, comment assurer le développement culturel à distance des grands centres urbains? Les moyens actuellement mis à la disposition des animateurs à cette fin sont-ils suffisants? Quelles formes et modalités l’animation peut-elle prendre pour concrétiser cet objectif?

 Enfin, la troisième journée s’articule autour des enjeux citoyens de l’animation. La créativité peut aider à poser la question du sens des engagements individuels et collectifs aussi bien qu’à renouveler les idéaux et les politiques qui président à la vie en société. Ce volet aborde l’expérimentation d’alternatives aux modèles culturels dominants qu’incarne la société de consommation dans les pays développés, notamment à partir de préoccupations écologistes et de pratiques artistiques engagées. Qu’offrent les intervenants (pouvoirs publics, institutions, organisations marchandes et groupes associatifs) pour favoriser la réalisation de démarches de créativité autonome, l’appropriation des outils du développement humain et la maîtrise du destin politique, économique et culturel des communautés? Quelle nouvelle dynamique expressive des besoins et de prise en charge par les citoyens les animateurs peuvent-ils aider à mettre en place? Quelles ressources leur sont nécessaires pour progresser dans cette voie?

Nous y espérons une  présence massive des pays latino-américains, très présents au colloque de Bordeaux et sous-représentés à Lucerne, très présents au colloque de Bordeaux, sans perdre le lien avec les pays pour la première fois représentés au colloque qui s’est déroulé en Suisse. Cet enjeu multiculturel est très important pour nous français à un moment où notre gouvernement veut imposer l'enseignement de l'anglais à 100% des étudiants de licence.

Le 5° colloque est déjà prévu en Afrique, soit au Sénégal, soit au Cameroun. Et nous avons peut-être un candidat pour 2013, la Turquie, dont la place en Europe ou non est un débat essentiel, au moment où une formation universitaire à l’animation semble se créer à Istanbul.

Je n’insiste pas sur les colloques, les revues, les manifestations qui ont eu lieu en France sur le thème de l’animation pour ne pas alourdir cette présentation.

Du point de vue des autres réseaux vivants, il faut rappeler l’existence active de celui de l’APDASC (Associação Portuguesa para o Desenvolvimento da Animação Sócio-Cultural) avec son président Carlos Costa. Nombre d’initiatives sont prises : informations par internet, rencontres culturelles et festives, enquête sur les animateurs (censo nacional de animadores), sans omettre la revue « Práticas de Animação » de la Delégation Regionale de Madeira de l’APDASC, sous la responsabilité d’Albino Viveiros. Elle va organiser d’ailleurs sa II° Rencontre Régionale d’Animation Socioculturelle à Funchal le 7 novembre 2008 sur le thème « L'animation socioculturelle et les groupes sociaux ».

Je me dois de signaler pour le Portugal l’existence aussi de l’ANAE (Associação Nacional de Animação e Educação, qui a fait paraître une deuxième édition de sa revue Animaçao e educaçao en août/septembre/octobre 2008), de CASCA, la Coopérative des Animateurs Socioculturels et de l’ANASC (Associação Nacional de Animadores Sócio-Culturais).

Pour l’Espagne, je rappelle d’abord l’existence d’une autre revue virtuelle, multilingue, qui se nomme  « Quaderns d'Animació i Educació Social », revue des animateurs socioculturels et des éducateurs sociaux, animée par le professeur Docteur Mario Viché : le 8° numéro est sorti en juillet 2008.

Inutile de revenir longuement sur la Red Iberoamericana de Animación sociocultural (RIA), organisatrice de ce 2° congrès avec sa revue officielle Animador Sociocultural  et son bulletin électronique Animándonos. Ce réseau, dont le président est Victor Ventosa et le webmaster Miguel Blasco, est alimenté par ses conférences, ses forums électroniques, ses publications et colloques virtuels (notamment el coloquio virtual « Participation, citoyenneté et interculturalisme ») : de plus une décentralisation a été réalisée ou en voie de concrétisation au Pérou, en Colombie, en République Dominicaine, à Cuba, en Argentine, en Uruguay. Plusieurs possèdent déjà un blog.

Pour l’Amérique latine rappelons l’activité du Centre Recreándonos à Montevideo qui vient notamment d’organiser en juin de cette année son 3° séminaire d’animation sociale et culturelle sur le thème « Participation sociale et subjectivité », ainsi que la réalisation par le Forum Permanent du Temps libre et de la Récréation de la 9º rencontre internationale sur la thématique du jeu, de la récréation et du temps libre qui a eu lieu à Montevideo les 24 et 25 novembre 2007. Remarquons enfin que le 4 octobre 2008 s'est tenu à Cordoba (Argentine) une rencontre sur le thème de « La recreación » et en août les 4° journées de la recreacion à l'Université catholique de Montevideo et que du 1° au 9 novembre se tiendra à Lima La feria del juego para niῆos organisée en particulier par le Centro latinoamericano de trabajo social, avec l'appui notamment de la RIA. Dans plusieurs de ces initiatives on retrouve notamment Ezequiel Ander-Egg (Argentine), Victor de Melo (Brésil, notamment dans Licere, revue de l'UFMG dont un nouveau numéro est paru en août 2008), Pablo Waichman (Argentine), Fabian Vilas (Uruguay) y Rosa Valencia García, présidente de Socializarte à Lima.. Citons enfin dans cette série latino-américaine la revue Recreación animée par notre ami argentin Pablo Ziperovitch, revue reconnue par le Forum permanent du Temps Libre et de la Récréation. Le n° 38 est paru en septembre 2008.

Que d’activités en deux ans de la part de nous tous ! Et je n’ai pas cité d’autres initiatives prises ici et là, dans d’autres territoires et d’autres continents. Je pense au travail difficile de nos amis libanais par exemple.

Cette richesse a aussi un revers : une difficulté d’identité compte tenu non seulement des diverses définitions de l’animation, mais aussi des analogies d’une grande complexité de cette praxis avec les notions de loisir, temps libre, développement local ou communautaire, récréation, éducation populaire, éducation sociale, etc[3].

2) L’élargissement des réseaux impose une diversité qui peut-être source de désaccords : faisons en sorte que ce soit tant mieux !

Effectivement nous pouvons constater nos différences qui sont de plusieurs types. D’abord l’animation n’est pas forcément perçue, définie, appropriée de façon commune. Ici idéologie, c'est-à-dire système de représentation du monde et d’action sur celui-ci ; là méthodologie, c’est-à-dire ensemble de méthodes programmées pour la mise en œuvre d’un projet d’action sociale ou culturelle ; ailleurs technologie comme champ d’application d’une théorie de la dynamique des groupes ; ou bien encore praxéologie comme tentative scientifique de mise en tension d’une théorie et d’une pratique pour en mesurer les écarts et les interactions dialogiques ; simple technique de mise en oeuvre d’activités. Par ailleurs, ici il existe de simples cours d'animation socioculturelle ou des modules de formation alors que là on trouve des diplômes universitaires et professionnels à la fois en animation socioculturelle, pendant que d'autres enfin ont de simples formations professionnelles diplômantes.

Ensuite, certains préfèrent pour désigner leur champ d’intervention les termes de récréation, de loisir ou de développement local ou communautaire et non pas celui d’animation pour signifier en priorité le sens des actions qui sont les leurs.

Il faut aussi relever qu’ici (au Brésil par exemple) on utilise l’expression « Animation culturelle », alors qu’au Liban c’est celle d’« Animation sociale » qui prime. En France on parlera d’« Animation sociale et culturelle » (dans une des formations professionnelles et universitaires à la fois) ou d’animation socioculturelle ou socio-éducative

Autre particularité : alors que la France, la Suisse ou le Liban parle d’animation professionnelle, d’autres pays préfèrent en rester à l’appellation de moniteurs de temps libre, voire de récréationnistes, d’agents de développement et même tout simplement de travailleurs sociaux tandis que certains refusent toute idée de professionnalisation. En Finlande on parlera plus volontiers de Pédagogie sociale[4].

Si la définition demeure aléatoire, d’autres difficultés nous attendent lorsque l’on compare des formations universitaires. En Espagne, il n’existe plus d’option « animation socioculturelle », dans la formation d’« educador social » : la formation universitaire insère simplement quelques crédits seulement liés au champ de l’animation socioculturelle, mais la profession d’animateur comme référentiel métier et donc référentiel d’un diplôme universitaire post-baccalauréat n’existe plus. Par contre la faculté d'éducation de la UNED (mais elle n'est pas la seule en Espagne) propose la formation au titre de « Experto universitario en Animación sociocultural », titulación de Post-grado. En Suisse, à Lausanne par exemple, la formation de travail social comprend 3 orientations : animation socioculturelle, éducation sociale et service social. La formation est organisée selon le processus européen dit de Bologne, même si la Confédération helvétique ne fait pas partie de la Communauté européenne. Les 3 premiers semestres sont transversaux (avec un semestre de stage) et les 3 semestres suivants sont spécifiques à chaque orientation professionnelle.

En Italie, il existe depuis deux ans maintenant une formation universitaire intitulée « Education et animation sociale » à l’Université de Padoue.

Sur le site de l’APDASC, donc au Portugal, deux formations sont présentées (de niveau post licence) en « gestion de projets culturels » : elles sont dites « directement liées à l’Animation socioculturelle ». Pour ma part, je pense que l’animation et la gestion sont, tout au moins dans la traduction culturelle française, très divergentes théoriquement et pratiquement : l’animation est plus proche des publics et la gestion plus proche des objets culturels et des artistes. Je n’ai pas le temps d’en faire la démonstration ici. De même je me suis rendu compte que dans beaucoup d’universités d'Amérique du sud, l’animation est peu présente : par contre la gestion de la culture, du patrimoine, du tourisme occupent des espaces de plus en plus importants à l’image de la société de marché dominante.

Pour continuer avec le Portugal, sachez qu’il existe, toujours selon le site de l’APDASC, 4 licences identifiées dans le champ de l’animation : animation socioculturelle dans 8 écoles supérieures et une université ; animation et intervention socioculturelle, animation culturelle et éducation communautaire, chacune dans une école supérieure ; et pour finir animation socioéducative et animation culturelle dans 4 écoles supérieures. Mais outre les appellations différentes, quand on va comparer les contenus de ces diplômes d’une école à l’autre, y compris pour la même licence, on s’aperçoit qu’il existe des différences notables. Cependant un élément important pour la professionalisation des animateurs au Portugal est la reconnaissance de l'Animateur culturel avec le grade académique de la licence dans les fonctions de niveau 3 ou 4, le tout acquis dans la convention collective nationale le 28 août 2008.

En France ce fut pire dans les années récentes : entre 80 et 180 licences différentes dans le champ de l’animation, identifiées en 2007 selon des sources diverses, sans parler des diplômes d’Etat des ministères de la jeunesse et des sports ou de la santé. Un grand changement devrait s’opérer puisqu’une commission de 8 personnes (dont 3 bordelais faisaient partie), commission nommée par le Ministre de l’enseignement supérieur, a établi dans un document intitulé « Propositions pour une harmonisation et une reconnaissance de l’offre universitaire de formation professionnelle aux métiers de l’animation » la validation d’un seul master désormais et d’une seule licence avec 4 options différentes : coordination et développement de projets pour les territoires, coordination et développement de projets pour l’animation sociale et culturelle, coordination et développement de projets pour l’action socio-éducative, la formation, l’insertion,  coordination et développement de projets pour l’économie sociale et solidaire, avec un tronc commun pour les 4 options. Par ailleurs quasiment toutes les formations non universitaires devraient disparaitre, sauf en dessous du baccalauréat.

 Cette situation bigarrée est d’autant plus préoccupante, tout au moins pour l’Europe : des commissions d’évaluation plus ou moins occultes issues des ministères nationaux concernés (universités, formation professionnelle) sont en train de préparer une harmonisation des référentiels métiers par la constitution de diplômes universitaires communs (licences et masters) facilitant théoriquement la mobilité transfrontière des étudiants et des enseignants. Le risque le plus important est que tous les métiers connus tels que assistant de service social, éducateur et animateur soient intégrés dans une appellation générale dite « travail social » globalisante. Pour ce qui nous concerne nous nous battrons (et nous voulons y associer tous ceux qui le souhaitent, notamment les Suisses et les Portugais) pour maintenir la culture historique de l’animation socioculturelle professionnelle, car celle-ci correspond à des enjeux politiques que je vais maintenant développer dans ma dernière partie.

3) La culture de l’animation est-elle soluble dans celle du travail social ?

Le troisième et dernier enjeu évoqué dans l’introduction concerne donc les effets potentiels d’un rapprochement durable entre la culture du travail social et celle de l’animation.

Plus précisément, en raison de la crise sous ses diverses formes (économique, financière, culturelle, sociale, civique, civile, cognitive, affective, relationnelle) qui affecte quasiment le monde entier et pas seulement les pays dits en voie de développement, les animateurs ne risquent-t-il pas peu à peu d’être aspirés dans une culture professionnelle qui n’est pas la leur et qui même, à l’inverse, peut provoquer des effets de brouillage plus importants encore aujourd’hui sur les missions qui devraient être les leurs ? Cette culture s’appelle le travail social, entendu au sens de la réparation sociale d’individus qui subissent des souffrances se manifestant sous diverses formes : précarité, pauvreté affective, absence de relations sociales, chômage, déqualification, difficultés d’intégration, maladies, violences subies ou provoquées, délinquance, etc.

Nous avons nombre d’exemples montrant l’évolution de certains animateurs agissant par exemple dans le champ sanitaire, social ou médico-social, les amenant peu à peu à s’inscrire et à se définir comme travailleur social de la réparation des individus avec une centration sur le manque et l’insuffisance comme stigmates, sur les déficiences et les désavantages qui structurent les nomenclatures, barèmes et classifications du handicap par exemple, et non plus à fonder leur identité professionnelle sur la promotion de ces mêmes individus axée sur les capacités, les potentialités et la restauration de l’image de soi dans une interaction continuelle avec l’environnement. Sous la pression de la culture historique de ces institutions (structures pour handicapés, hôpitaux, maisons de retraite, etc.) et des agents médicaux et médicaux-sociaux qui les constituent, certains animateurs perdent peu à peu leurs repères professionnels et s’égarent dans des pratiques qui relèvent plus du travail social classique que du travail de la société sur elle-même, défini comme le fait de s’appuyer sur les acteurs sociaux, individus et groupes, participant à l’émergence de nouvelles formes d’action et à l’élargissement des espaces de démocratie : « Une éthique de discussion » dirait Jurgen Habermas.

S’il s’agit de mettre en œuvre des projets dits d’ « animation sociale » au sens utilisé par les italiens ou les espagnols (ou en Amérique latine, tel « el desarrollo comunitario » : dit aussi dans certains pays anglo-saxons « the comunity development » ; ou bien encore « le développement communautaire » au Québec), alors les analogies de pratique et même d’orientation théorique sont possibles. Ce constat est une évidence si l’on définit le développement communautaire comme l’intégration de groupes exclus ou marginalisés dans un échange et un débat citoyen élargi en se fondant sur les capacités sociales et culturelles de chacune des communautés concernées

En conséquence les animateurs dits « sociaux » peuvent affirmer leur identité professionnelle dans une approche communautaire qui cherche à dépasser les seuls intérêts individuels en se fondant sur le sentiment d’appartenance partagé au niveau territorial ou institutionnel, sur les intérêts qui unissent les acteurs concernés (les utilisateurs de services par exemple ou les populations, mais en dialogue -si cela est possible- avec les élus et les représentants des institutions) et sur l’idée participative de la communauté de base au débat public et à la résolution des « situations-problèmes » auxquels ils sont confrontés. Dans son dictionnaire du travail social[5], l’argentin E. Ander Egg associe comme équivalents « animación de base » et « desarrollo comunitario ». De plus, il indique que « l’action communautaire s’articule avec le développement local, visant à sensibiliser et motiver les personnes pour qu’elles participent à la solution de leurs propres problèmes ». Cette méthode (la participation), ce programme d’action (fondé sur des projets), ce processus (avec la stratégie qu’elle implique), ce mouvement (de l’ordre de l’action sociale) entre en correspondance et en synergie avec la culture de l’animation.

Que l’animateur travaille en coopération, en lien, en concertation avec les autres travailleurs sociaux (assistantes sociales, éducateurs spécialisés par exemple) ou avec les soignants, certes. Mais sa logique professionnelle relève d’une autre nature en proposant par exemple des moments divertissants resserrant des liens avec des membres de la famille, restaurant leur dignité (par des activités physiques, manuelles ou de stimulation cognitive, de chant), en résumé en créant des moments de plaisir, en refusant le  déni de la citoyenneté des résidents vivant dans des institutions sociales ou médico-sociales. Il y a par exemple une distinction à faire entre vivre des soins (la cura comme on dit en Italie) et prendre soin de soi dans une recherche de plus d’autonomie par la création d’une agora régulière notamment dans une maison de retraite, rassemblement d’anciens qui mettent en pratique leur capacité collective d’empoderamiento sur les questions qui les concernent et les rassemblent.

Les animateurs cherchent donc à favoriser l’intégration et la participation des personnes à la vie collective institutionnelle et ils doivent collaborer avec les secteurs du soin, mais ils n’ont pas une fonction thérapeutique, et à cet égard je ne partage pas le point de vue de certains de mes amis portugais. Il est juste d’énoncer qu’un animateur peut avoir des effets thérapeutiques par son action collective, mais ceci ne signifie pas pour autant qu’il s’apparente au secteur du soin, sauf si on l’entend au sens général d’un état de bien-être sur tous les plans qui concerne la vie de tout un chacun, tous les jours de sa vie y compris en dehors des moments d’inclusion dans des institutions sanitaires.

De même l’animation, dans le secteur psychiatrique, relève d’une « réhabilitation psychosociale » qui peut s’opérer d’une part par un travail de création dans une activité motrice régulée pour ceux qui sont dans l’hyperactivité et la compulsivité, favorisant ainsi une amélioration de son rapport au corps, et d’autre part un travail sur l’acceptation et une nouvelle perception de soi par un travail sur l’imaginaire et les langages. Mais en aucun cas, il ne peut y avoir ici non plus de confusion entre secteur de la thérapie et secteur de l’animation.

En définitive, l’animation comporte trois dimensions essentielles dans ce type d’institutions sociales ou médico-sociales :

-           rétablir le lien du sujet à lui-même, en offrant à chacun la possibilité de se développer et de construire une image plus valorisée de soi en s’appuyant sur ses ressources potentielles ;

-          Viser à l’établissement d’un lien communautaire interne ou avec d’autres partenaires à l’extérieur, ce qui permettrait à chacun de se sentir partie prenante d’un système d’appartenance, support essentiel à l’identité d’adulte ;

-          enfin, tenter de faire émerger le lien sociétaire qui permette de se faire reconnaître comme citoyen, cette dernière dimension étant la plus délicate à travailler, du fait du statut très particulier de ces adultes.

L’animateur par ses interventions cherche à privilégier à privilégier des objectifs visant l’acquisition et le développement de compétences psychosociales, telles que communiquer avec divers groupes dans et hors de l’établissement, faire valoir son point de vue tout en respectant celui des autres, développer des réseaux d’affinité ou de soutien, apprendre à négocier, à faire des choix, participer à l’élaboration de décisions et de règles de fonctionnement, créer une association, etc. L’utopie animatrice doit aller par exemple jusqu’à la tenue d’une assemblée générale de résidents et la mise en œuvre d’une commission de résidents. Certes ce type d’initiatives introduit un certain « désordre » dans la vie institutionnelle : ils sont en réalité des éléments structurants d’une analyse de l’état de l’institution elle-même et du comportement de tous les professionnels y afférant (du soin à l’animation, en passant par l’éducatif, du haut en bas de la hiérarchie).

En résumé c’est de cette façon que peut se délimiter la frontière entre travail social et animation comme l’expliquent les sociologues allemands N. Sievers et W. Bernd : « Si la socioculture est tenue à des objectifs sociaux, elle n’est pas astreinte aux objectifs du travail social…Elle part des potentialités créatives et des ressources des individus et non pas de leurs problèmes ou de leurs carences »[6].

Il s’agit seulement de déterminer des frontières compréhensibles par tous entre deux fonctionnalités, deux professions et deux cultures distinctes dans le paysage du travail social : celle de la promotion individuelle et collective et celle de la réparation et du soin. Ce travail réflexif[7] est évidemment à mettre en lien avec la partie précédente de mon intervention concernant la question des formations.

Cette réflexion est aussi en relation directe avec la définition de l’animation professionnelle que je vous propose avant de conclure : « L’animation professionnelle vise à réaliser une action réfléchie, c’est-à-dire une praxis pédagogique qui, à partir d’activités sociales, éducatives ou culturelles liées à un espace institutionnel ou à un territoire géographique, recherche, certes de façon modeste, mais bien réelle, l’approfondissement et l’élargissement d’une démocratie émancipatrice en utilisant les réseaux pertinents et l’intelligence stratégique de l’animateur professionnel : celui-ci cherche à faciliter et à permettre de développer la participation individuelle et collective (en priorité pour ceux qui ont été écartés du pouvoir et du savoir) en vue de la construction permanente d’une société plus solidaire entre tous et plus épanouissante pour chacun ».

Conclusion.

Voilà quelques pistes de réflexion que je voulais vous proposer pour la clôture de ce congrès. Certes nous avançons tous, mais il n’est ni simple, ni évident de garder à la fois notre unité et notre diversité. Il en est ainsi pour le monde, les peuples qui le composent, les classes, les groupes et les catégories multiples qui les distinguent, les individus qui les constituent. Multiplions nos rencontres, les échanges d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants, de professionnels, tel est l’orientation que je vous propose. En effet, je pense, comme l’écrit Oscar Wilde, qu’« une carte du monde qui n’inclurait pas l’utopie n’est pas digne d’un regard, car elle écarte le seul pays auquel l’Humanité sans cesse aborde ».

Je vous remercie.

 Jean-Claude Gillet
Professeur émérite en sciences de l’éducation
Université de Bordeaux

Coordonnateur du Réseau International de l’Animation (RIA)

18 octobre 2008


[1]              Ouvrage en 2 tomes. Paris : l'Harmattan, coll. Animation et territoires, 2004. On y trouve 14 articles d’auteurs sud-américains, caribéens et d’Amérique centrale, concernant 10 pays (Colombie, Venezuela, Equateur, Perou, Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, Guatemala, Cuba).

[2]              Il est visible sur le site http://jeanclaudegillet.free.fr/

[3]              Cf. les articles « L'animation dans 20 pays », in Cahiers ADES (UMR 5185, CNRS et Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et Victor Segalen, Bordeaux2), L'animation professionnelle en ses territoires, pages 35-38 et « Le Réseau International de l'Animation », pages 55-58. Regards de l'Institut Supérieur d'Ingénieurs-Animateurs Territoriaux (ISIAT), n°3, Mai 2008. Consulter aussi « L’animation et ses analogies : perspectives internationales », p. 12-24, in « L'animation et ses analogies : des enjeux pour l'action collective », revue AGORA Débats / Jeunesse, n°39, 1° trimestre 2005, l'Harmattan.

[4]              Leena Kurki, « El campo interdisciplinario de pedagogia socio-cultural en Finlandia », Quaderns de Animaçó e educaçó, n°8, julio de 2008.

[5]              Ed. Lumen, Buenos Aires, 1996.

[6]              N. Sievers et W. Bernd, Bestandesaufnahme SocioKultur, Bonn, 1992.

[7]              Cf. mon ouvrage, L'animation en questions, coll.Trames, éd. Erès, Toulouse, 2006.

courrier  : jeanclaudegillet@free.fr / Web : http://jeanclaudegillet.free.fr / http://colloque.cs.free.fr
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